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Blog de Katherine Pancol

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De la ferraille à New York

Ferraille

Je reviens de la ferme de Stella et de la ferraille de Julie et Edmond Courtois. Entre Sens et Auxerre. Les deux pieds dans la terre. À vivre comme mes personnages.

Je me dédouble. Je deviens eux.
Et c'est troublant.

J'ai pris des notes et des notes. Une semaine avec les poules, les coqs, les ânes, le perroquet, les canards, les oies, les pigeons ramiers, les tortues, les tourterelles, les chiens et les chats, l'arbre qui tombe et qu'il faut découper en bûches, les cabanes à consolider, le renard qui se faufile dans le poulailler et rafle treize poules et poussins, le pain sec à distribuer, les sacs de maïs à transporter, les graines à planter selon la lune qui monte ou qui descend, attention !
Très important !

Et la ferraille ! Avec Gloria et Nadine (sur la photo). Mes deux copines de là-bas.
Les camions qui déversent leur chargement dans une poussière de feu d'artifice, les plaques d'aluminium qui se fracassent à terre et finissent en plissé soleil, les boulons qui volent, le grand broyeur qui balance des carcasses de voitures comme des cartes à jouer, les hommes qui trient et triment. Les grosses bottes qu'il faut chausser pour ne pas avoir les pieds écrasés, le casque obligatoire, les gants, les lunettes qui font des yeux de martien. On rigole, on rigole.

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Je souris, enfin!

Une photo de Marylin qui ne sourit pas… et moi qui souris… c’est parti ! j’ai trouvé mon début, même si je vais encore “peaufiner” ma première phrase, mais elle est là qui me sourit sur écran ! Youpiiii !

Ma première phrase…

Et je bute, je bute… sur ma première phrase.
J'ai tout dans ma tête. Les histoires, les personnages, et même les couleurs ! Ça se bouscule, ça chahute mais tant que je n'ai pas LA PREMIÈRE PHRASE, je reste à l'arrêt.
La première phrase donne le "la", le ton, le rythme.
La première phrase…Je la cherche et rumine.Et ça me rend chiffon. Absente.Est ce que ça se voit que je ne suis pas là ?

Alors oui, je suis allée en Israël à la Fête du livre de Jérusalem. J'ai visité la vieille ville entre les remparts où tous les cultes, toutes les églises s'emmêlent. La pierre blanche de Jérusalem qui brille au soleil… les pèlerins qui se pressent sur les lieux saints, la terre sacrée, le monts des Oliviers (un peu trop touristique à mon gré…) et puis j'ai filé à Tel Aviv, joyeux désordre où les tours en verre toisent les maisons défraichies, les marchés aux mille odeurs, les poivrons rouges, les navets blancs, le coriandre et l'ambre… Il y a eu une tempête de pluie, de sable, de cailloux. On avançait courbé en évitant les tôles qui sifflaient dans les rues.

J'étais là, mais je n'étais pas là : toujours ma première phrase !

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Cosi, cosa…

Toujours pas de première phrase… mais toutes les autres derrière qui se bousculent et s'entassent pêle-mêle.
Hier dans la nuit, j'en suis arrivée à décrire la salopette de Stella et les petits écussons brodés par Julie pour égayer la cotte orange ! Julie, Jérôme, la Ferraille… Stella, Adrian, Tom, Léonie.
Et Zoé, et Joséphine, et Philippe, et Gary et Calypso…
Et tous les autres, encore, encore !

Ils attendent au garde à vous que les premiers mots descendent et s'impriment, indiquant que c'est pour de bon, que le livre peut commencer.

Je vais aller m'enfermer en Normandie pour ne plus entendre que le silence, la mer, les mouettes et préparer une voie royale à Sa Majesté, la Première Phrase. Peut-être daignera t-elle alors descendre de l'azur et se poser tel un voile de grâce dans ma petite tête…

Comme je vais lui serrer le kiki, alors ! L'épingler sur mon écran en grosses lettres victorieuses ! La ligoter avec de gros nœuds bien serrés, bien furieux !

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"Tu vois comme c'est simple ce que tu ne peux pas faire".

Trouvé ce passage hier à minuit dans un roman d'Hemingway !
C'est au sujet de l'écriture.  
"C'était le premier texte qu'il parvenait à terminer depuis leur mariage. Terminer, voilà ce que tu dois faire, se dit-il. Si tu ne termines pas, ça ne vaut rien, bordel ! Demain, je reprendrai le récit au point où je l'ai laissé et je continuerai jusqu'à ce que j'ai terminé. Et comment est-ce que tu vas le terminer ? Comment est-ce que tu vas le terminer ?"  

Et un peu plus loin, alors qu'il a enfin fini son texte et qu'il veut en recommencer un autre :
"Ainsi tu as travaillé et maintenant tu te ronges. Tu ferais mieux de te mettre à écrire une autre histoire. La plus difficile à écrire de toutes celles que tu as en tête. Vas-y et fais-le. Vas-y et dès demain commence la nouvelle histoire. Au diable demain ! Quelle mentalité ! Demain ? Rentre et commence tout de suite.
Il regagna sa pièce et s'assit et rédigea le premier paragraphe de la nouvelle histoire qu'il avait toujours remise à plus tard. Il l'écrivait par simples phrases déclaratives se réservant de vivre et de rendre vivants les problèmes à venir. Le tout début était écrit et il lui suffisait de continuer. C'est tout, se dit-il. Tu vois comme c'est simple ce que tu ne peux pas faire.  Puis il sortit sur la terrasse et s'assit et commanda un whisky Perrier".
Le jardin d'Eden, Hemingway