Blog de Katherine Pancol

Shirley boude...

C'est pas de ma faute, si je donne plus de nouvelles depuis dix jours !
C'est Shirley. Elle me prend la tête. Elle veut absolument me faire comprendre quelque chose et, moi, je n'arrive pas à l'entendre… Pourtant, je tends l'oreille. Je la suis pas à pas, j'entre dans sa tête, je monte sur sa bicyclette, j'épouse sa colère (elle est très en colère !) et je pédale dans Londres. Je ne la quitte pas d'une semelle. Elle me dit des choses, mais je ne les entends pas…
Je tourne autour d'elle. Je m'énerve. Elle s'énerve. Et elle bloque des quatre fers si je menace d'aller m'occuper des autres en attendant… Parce que je lui dis, réfléchis, sois plus claire, je reviendrai quand tu pourras m'expliquer.
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Vacarme...

La semaine dernière, je suis allée à la ville.
La grande ville. Paris.
Ce fut un choc !

Depuis près de trois mois, je vis en sabots, jean, ticheurte, au rythme des marées et du soleil, des pommes rouges qui roulent sur le pré, des mouettes qui picorent la crête des vagues, des jours qui raccourcissent, du vent du Nord et du vent d'Est, de ma bicyclette bleue…
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Le bruit du silence...

Vous savez où j'en suis arrivée ?
J'écoute le silence…
Je le mets dans les oreilles, le décompose, le mâche, le savoure…
On croit que c'est du blanc, du vide, du vaporeux… Mais pas du tout…
C'est plein, rond, épais, cotonneux, filandreux, ça fait des bruits de chaudière qui ronfle, de becs d'oiseaux qui chantent, de pneus qui roulent sur la route là-bas, tout là haut, de vieilles balançoires qui grincent, de chien qui aboie…
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Je rumine, je rumine...

Mais que vous dire ?
Que vous dire qui ne vous fasse pas bâiller d'ennui ?
Soupirer "ah ! j'aime encore mieux être charcutière chez Shopi ou lanceuse de javelot dans la banlieue d'Oslo qu'écrivain en Normandie !" Parce quand on débite des tranches de jambon ou qu'on prend son javelot en main, au moins, il se passe quelque chose dans la vie… On voit la tronche des gens, on discute le bout de gras, on parle à son entraîneur en survêtement.
Moi, je me parle à moi-même.
Et à tous mes personnages…
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Moi quand je serai grande, j'épouserai Tchekhov...

Moi quand je serai grande, j'épouserai Tchekhov.

On vivra dans une grande maison avec Balzac et Colette et on parlera écriture tout le temps. Nuit et jour, jour et nuit. Je lui arracherai ses feuillets pour voir "comment il fait", j'étudierai ses ratures, on boira de la vodka et on discutera le bout de gras…

Je vous explique…
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Ted et Joan...

L'été meurt doucement et les vacanciers repartent…
Ils se retirent comme la marée et on retrouve la vie d'avant…
L'écume est partie.

Je suis toujours là. Sous l'écume. Le dos courbé sur l'ordinateur. La nuque de plus en plus raide, les épaules douloureuses. La tête qui dodeline.
J'écris. J'écris…
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