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Blog de Katherine Pancol

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Last days in New York

 À nouveau, l'Amérique est en ébullition. À nouveau, un jeune Noir, Freddie Gray, est mort entre les mains de la police à Baltimore. À nouveau, les gens défilent dans les rues. À nouveau, la télévision montre des images de foules en colère et de pillage. À nouveau, les commentateurs commentent, les hommes politiques se lamentent. Pas de jobs, pas d'éducation, pas d'espoir pour les jeunes Noirs.
Dans certains quartiers de Baltimore, l'espérance de vie est plus courte qu'en Syrie.
"The riots are the voice of the unheard" disait Martin Luther King. Les émeutes, c'est ce qu'il reste aux humbles et aux petits quand on ne les entend pas.
Chaque mois, des Freddie Gray meurent.

C'est le premier mai ici mais tout le monde travaille !

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Week-end

Trois jours de promenade dans les galeries, les musées.

Dans les galeries de Chelsea (9ème avenue à partir de la 18ème rue), j'ai souvent eu envie d'éclater de rire devant les œuvres exposées : des casseroles, des robinets, une corbeille remplie de pommes de terre, un grand vase de fleurs fraîches (50 000 dollars ! MAIS un fleuriste vient chez vous changer les fleurs tous les dix jours), des étagères remplies de passoires, d'ustensiles de cuisine, des photos de caddies sur un carton (25 000 dollars le carton ! MAIS l'artiste vient jeter de la peinture sur le carton installé dans votre salon)… "Le roi est nu", je ne pouvais m'empêcher de penser, mais ce sont des "œuvres" paraît-il !

Je préfère encore béer devant les murs barbouillés de fresques de la 24ème rue.

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Marchons, marchons !

Ça y est ! J'ai posé mes valises in Manhattan. Upper East Side. Face au Réservoir, à côté du Guggenheim.

April in New York !
Les arbres du Park se déploient, couverts de fleurs blanches et roses. Il ne fait pas trop chaud, plus froid du tout. Un temps à déambuler le nez en l'air en avalant des images. Mais il neige dru dans le Montana. Et des grêlons pamplemousses trouent les toits des maisons et les pare-brises des voitures dans plusieurs états du Sud. 
Que se passe t-il ? rugit le présentateur télé.

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Je marche, je marche...

Je marche, je marche.
Je marche tellement que j'ai des ampoules, des cloques, les talons qui râpent, les orteils qui se rebiffent, les hanches qui se dévissent.
Je refuse les taxis, accepte un bus ou un métro et marche sous le ciel bleu de Manhattan.

Je m'arrête pour manger une pomme ou une banane (50 cents, la banane, dans une de ces carrioles ambulantes qui vendent des saucisses fumantes) ou je reprends des forces au Pain Quotidien. Il y en a partout maintenant.
J'attrape des conversations au fil de la marche. Les filles parlent des garçons, les garçons parlent d'argent, de contrats. Les filles se plaignent, les garçons se frottent les mains. Quand la conversation est croustillante, je suis la fille et enchaîne les péripéties. 

Ainsi hier sur Madison et 44ème :

"J'en ai marre d'avoir des mecs moches dans ma vie, je veux dire moches moralement, je vaux mieux que ça tout de même, pourquoi je me traite si mal ? Et lui il est moche avec moi et moi, qu'est ce que je fais ? Je pleure en attendant qu'il me traite encore plus mochement, qu'il me piétine et je t'assure que je suis descendue très bas, je ne vois pas comment je peux descendre encore plus bas !"

Parfois je les suis loin, longtemps. L'air de rien.

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De la ferraille à New York

Ferraille

Je reviens de la ferme de Stella et de la ferraille de Julie et Edmond Courtois. Entre Sens et Auxerre. Les deux pieds dans la terre. À vivre comme mes personnages.

Je me dédouble. Je deviens eux.
Et c'est troublant.

J'ai pris des notes et des notes. Une semaine avec les poules, les coqs, les ânes, le perroquet, les canards, les oies, les pigeons ramiers, les tortues, les tourterelles, les chiens et les chats, l'arbre qui tombe et qu'il faut découper en bûches, les cabanes à consolider, le renard qui se faufile dans le poulailler et rafle treize poules et poussins, le pain sec à distribuer, les sacs de maïs à transporter, les graines à planter selon la lune qui monte ou qui descend, attention !
Très important !

Et la ferraille ! Avec Gloria et Nadine (sur la photo). Mes deux copines de là-bas.
Les camions qui déversent leur chargement dans une poussière de feu d'artifice, les plaques d'aluminium qui se fracassent à terre et finissent en plissé soleil, les boulons qui volent, le grand broyeur qui balance des carcasses de voitures comme des cartes à jouer, les hommes qui trient et triment. Les grosses bottes qu'il faut chausser pour ne pas avoir les pieds écrasés, le casque obligatoire, les gants, les lunettes qui font des yeux de martien. On rigole, on rigole.

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