
Je pars pour New York...
Et je fais ma valise depuis une semaine.
Je l'ai posée, grande ouverte, dans ma chambre et dépose au fur et à mesure ce que je ne veux surtout pas oublier afin d'éviter la panique de dernière minute.
Cela va de mon jean fétiche à mon Balzac Honoré que j'emporte toujours avec moi. C'est mon doudou.
Dans ma valise ne manquait plus qu'un truc : un joli gilet pour fêter mes 610 pages, mon dernier chapitre bien troussé et le mois de mai à Manhattan.
J'imaginais un truc acidulé, gai, colorié. Je le dessinais. Je me racontais une histoire avec deux fins. Happy end, si je le trouvais, Pas grave, si je ne le trouvais pas.
Et me voilà partie dans les rues de Paris.
J'enquillais des boulevards, des avenues, tournais à droite, tournais à gauche, ne voyais rien, repensais à une phrase d'Hemingway lue le matin dans mon bain, "Je suis comme un cochon aveugle quand je travaille".
Je trouvais qu'elle m'allait plutôt bien.
Quand je tombai rue Duret dans le XVIème arrondissement sur une grande vitrine, remplie de gilets.
Avec un titre sur la vitrine qui me plongea dans la perplexité : "Six & Sept". Et un slogan, "six est en rouge, sept en vert".
Ou "si c'est en rouge, c'est en vert !"
Un début d'énigme, un début de poème.
J'ai donc poussé la porte, alléchée par les mots.
Je ne l'ai pas regretté : il y avait... une avalanche de gilets, de chandails, de pulls acidulés.
J'avais trouvé.
Mon Joli Gilet.
Ne me restait plus qu'à prendre mon passeport, mon billet, mon Honoré et à m'envoler !