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Blog de Katherine Pancol

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Boy

Boy

Le prénom d'un chien.
C'est une aventure à haut danger.
Il faut trouver celui qui ira comme un gant sans froisser les sensibilités, déplaire aux imaginaires, insulter le nom d'un ami ou d'un ancêtre.

Tout le monde s'y met.
On lance des mots en l'air, on les regarde tomber, on fait la moue, on plisse le nez, on recommence.

Ça a débuté en janvier quand Jean m'annonça qu'il prévoyait une portée vers la mi-mai. Ah ! Ah ! ai je demandé, tu crois que je pourrais avoir un bébé ?

Je l'attendais depuis longtemps ce petit terrier mordoré.

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Le petit chien et le vert normand

Boy

Samedi j'ai traversé la Normandie, tout le vert de la Normandie, de Fécamp au Mont Saint Michel.  

J'avais rendez-vous.  

En regardant défiler les arbres et les prés, les champs et les forêts, les talus, les bocages, les mousses tendres, les feuilles jungles, les clairières, les parcs, les pelouses, les charmilles jalouses, les haies, les tonnelles, les treilles trompettes, les gloriettes, les fusains et les troènes… je me disais que le mot "vert" était un peu court pour illustrer les belles couleurs normandes. Ce vert qui inspira la palette de tant de peintres du dimanche et du lundi…  

V.E.R.T.  

Il faudrait inventer tant de mots pour dépeindre le vert normand ! Et on n'a qu'une petite syllabe presque muette, plate, maigrelette qui crache une seule voyelle, un "e" muet qui plus est !
Quelle misère, je me disais en conduisant mon automobile de Fécamp au Mont.  

J'avais rendez-vous.  

Et j'allais où ?  

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Dans la rue...

Parfois se promener dans la rue ou prendre l'autobus, c'est comme être au cinéma. On ouvre grand les yeux et la séance commence…  

La petite vieille toute déglinguée qui secoue son déambulateur sur le trottoir en clamant à la jeune femme morne et butée qui l'accompagne, "j'en ai marre de faire toujours le même circuit, inventez moi des trucs, je veux voir la vie, JE VEUX VOIR LA VIE".  

La maman qui promène son enfant de deux ans en laisse pendant que son chien circule librement, renifle le trottoir, arrose le pied des réverbères.

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Un nouveau chien…

Mer-Dalles

Et je continue à happer des bouts de conversations tel un poisson courant après un hameçon.  

Sur la plage de Fécamp, une petite fille de trois ans, le doigt pointé vers les vagues : "tu es à moi, la mer. Je dois aller me coucher, mais tu bouges pas, je reviens demain" et comme je la regarde, attendrie, elle me défie : "c'est MA mer".  

Dans le métro, un garçon au téléphone avec son amie : - J'ai dit que je t'aimais plus, mais j'ai pas dit que je te quittais, J'AI PAS D'APPARTEMENT !  

Et ce matin, devant une vitrine de Pompes Funèbres, un employé, en pause cigarette, bombe le torse devant une dame courbée sur sa canne :  
- Et puis je vais vous dire… Si c'est pour être à table avec des gens et dire des banalités… j'ai autre chose à faire, moi, autre chose à faire ! Je côtoie la mort tous les jours et la mort, madame, la mort…
Il lance sa cigarette dans un moulinet éloquent, la cigarette s'élève, tournoie, la dame suit le vol du mégot qui s'écrase, frissonne, se tasse sur sa canne, la mort, madame, la mort !  

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Duras et Bonnard

"C'était un Bonnard. C'était chez des gens à Berne, des grands collectionneurs de tableaux. Il y avait un tableau de Bonnard : c'est une barque avec la famille de cette femme. Il avait toujours voulu modifier la voile. À force d'insistance les gens lui ont permis de reprendre le tableau. Quand il l'a rendu, Bonnard a dit qu'il la considérait comme terminée. La voile avait tout envahi. Elle l'emporte maintenant sur la mer, sur les gens dans la barque, sur le ciel. Ça arrive dans un livre, à un tournant de phrase, vous changez le sujet du livre. Sans vous en apercevoir, vous levez les yeux vers votre fenêtre : le soir est là. Vous vous retrouvez le lendemain matin devant un autre livre. Les tableaux, les écrits ne se font pas en toute clarté. Et toujours les mots manquent pour le dire, toujours."  
Marguerite Duras, dans "La Vie Matérielle".  

Et si vous avez un moment, courrez à l’exposition « Pierre Bonnard – Peindre l’Arcadie », au Musée d’Orsay jusqu’au 19 juillet !