Et pas des bouts qui se raboutent, des échappées sur des trous de récit, des phrases qui volètent. Non. 21 pages qui lancent la bouteille de champagne contre la coque du bateau.
Ça y est ! La première scène s'emballe et déjà, je lui cours après. Déjà, je me réveille en pleine nuit, marque une phrase sur le bloc Monoprix à grosse torsade noire, remonte la couverture, bouillonne, mitonne, fermente, rallume. Peste. Je ne peux plus dormir. J'ai besoin de toutes mes forces pour écrire. Nuits blanches interdites.
Le matin, je fermente toujours. Découpe les journaux, traque le détail, le petit rien qui servira de tuteur, sur lequel viendra s'enrouler un petit bout de dialogue ou de texte. Parfois, il suffit d'une phrase anodine. Hier dans la nuit, c'était "et il retrouve une orange dans le Frigidaire". Allez savoir pourquoi ! Bingo, c'était parti, une avalanche de mots a suivi l'orange dans le frigo. Ou alors c'est une idée, une péripétie qui traverse la tête comme un éclair. Je me redresse sur mon lit "Yeah ! Ouiiiii ! C'est ça ! Ouaou", je danse la lambada sous ma couette.

Une photo de Zozo la Belle telle qu’elle m’apparût à la fenêtre de ma cuisine...
