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Blog de Katherine Pancol

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Chaussette...

ChaussetteChaussette est mort. Vendredi après-midi. Et je n'ai plus de larmes dans mon corps. Mon ami Chaussette. 17 ans de vie commune. Il se levait en même temps que moi, prenait son biscuit - il le promenait de pièce en pièce avant de le croquer - pendant que je buvais mon thé. Il allait se promener dans le jardin en Normandie ou se postait sur le balcon à Paris pour regarder la rue et faire la circulation. Il aboyait, montait la garde, je lisais les journaux, prenais des notes. Chacun son boulot. À 14 heures, il s'installait dans mon bureau et s'enroulait à mes pieds. Je le traitais de pantoufle, il soupirait. Faisait une longue sieste et, vers 19 heures, me grattouillait la jambe, me signalant que l'écriture, c'était fini pour aujourd'hui. Une longue promenade dans les rues de Paris ou en Normandie. Je ne l'attachais pas. Il gambadait. S'arrêtait aux feux rouges. M'attendait, repartait. Reniflait ses coins préférés. Se retournait. Vérifiait que je n'étais pas loin. On pouvait marcher longtemps. Et on recommençait dans la nuit vers minuit. Quand tout le monde dormait. C'était mon ami. On a passé la dernière nuit enroulés dans les pattes et les bras l'un de l'autre. Je respirais avec lui pour chasser sa douleur. Et puis, j'ai pris rendez-vous chez la vétérinaire. Il souffrait trop.
Et puis, ce fut fini.

941 !

Que vous dire ?
Je suis devenue une sorte de troglodyte qui écrit, écrit, écrit.
Et ne quitte pas sa grotte.
Ou juste pour suivre Chaussette.
Il ne se promène qu’en ma compagnie.
Que se passe t-il dehors ? Dans la vraie vie.
Je ne sais pas.
Quand je sors, je parle aux mouettes et aux nuages. Je ramasse des galets. Je me baigne. Je rumine mes idées. Et je rentre vite, vite pour les écrire.
Écrire, écrire.
Et sinon...quoi d’autre ?
RIEN.
Oui mais...
Page 941 !
Et ce n’est pas fini !

825 !

825 ! 825 !
Je ne quitte plus mon bureau. Juste un plouf le matin  et un plouf le soir dans la mer bleue, dans la mer verte. Et encore... Je continue à écrire en nageant, je voudrais avoir un bloc notes et un crayon. Je parle à voix haute pour ne rien oublier.

Hier soir... Il était huit heures et demie, le soleil se couchait. J'ai couru jusqu'à la mer et j'ai accompagné l'astre solaire dans sa cérémonie du soir. J'ai nagé, nagé, brasse coulée, moulinets sur le dos, brasse coulée, moulinets à nouveau, je me vidais la tête. Et elle se remplissait ! Le plan de la scène en train de s'écrire se refaisait, impeccable, implacable ! Je jubilais dans l'eau, je disais mais oui, mais bien sûr, mais c'est évident, mais c'est succulent, mais vite que je retourne à mon bureau !
Ça me fait cet effet-là, la mer.

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861 !

861 !
Ça galope, ça galope !
Encore un effort, Calamity, et tu touches le poteau d’arrivée.
Combien de temps ? Je ne sais pas. C’est comme en mer. On croit qu’en deux brasses on y est et la côte recule sans arrêt.

Merci, merci pour vos messages que je reçois le matin quand j’ouvre ma boîte à mails. Je hulule de joie et mime des valses, des polkas dans ma cuisine. C’est de la dynamite !
Je suis vernie.
Alors je ris, je ris, j’embrasse le vieux Chaussette qui ne comprend goutte et guette la croquette.
L’automne pointe son nez avec ses gros souliers et ses frimas. Les vagues sont grosses, blanches, vertes, des paquets d’écume volettent, le kway a remplacé le maillot de bain, les mouettes sont en place, immuables. Elles s’en fichent.
Moi aussi, j’écris !

Minuit en rimant...

"Minuit vint
Minuit disparut
Minuit dix parut
Minuit vingt"

Voilà ce qui me régale en ces jours.
Je  récite ces vers au nez des imprudents qui m'approchent de trop près et les laisse sur place, interloqués, tentant de comprendre le sens de ces holorimes. (D'André de Richaud).
Il y a des gens qui vivent en mer, d'autres en rêves, d'autres encore en tirlipotant des colonnes de chiffres, moi je vis dans les mots. Magique !
Sinon ? Page 790 en vue !