Blog de Katherine Pancol

Suite du feuilleton, "Les Envahisseurs"...

La soucoupe de France Télécom a aluni dans mon jardin, entre deux pommiers. Un cosmonaute est descendu. Je l'attendais, sautant d'un pied sur l'autre. J'ai expliqué. L'homme m'a écoutée. Un homme avec un regard qui entre dans les yeux, un sourire bienveillant et des oreilles qui écoutent. Il portait un gros dossier à mon sujet. A tout repris patiemment : l'arrivée de la ligne, les prises, les filtres, les branchements, le poteau, les gaines, les fils. Et soudain, tout est devenu simple, clair. Il ne s'énervait pas. N'employait pas de termes barbares. Il m'a dit qu'il avait tout son temps et c'était comme s'il m'offrait du caviar dans une cuillère d'argent.
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Les pommiers sont toujours verts...

Déjà le 6 août…
J'ai mal partout dans le dos, le cou, les épaules à force de passer des heures et des heures devant l'ordinateur. Il fait beau, beau, beau dehors et je regarde le soleil…de loin. Pas besoin de protection, j'ai l'écran de mon ordinateur qui me protège.
Ecran total.
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Arrêtez de glisser dans votre fauteuil ! Comment voulez-vous que je vous coiffe ?

Je vous préviens, à partir d'aujourd'hui, tout ce que je vais vous raconter manque totalement d'intérêt. Vous êtes libre de zapper, de vous exclamer "la pauvre fille ! quelle pauvre vie !" parce que depuis dix jours, je suis dans une espèce de turbomoteur de livre. Je vous explique : l'écriture, c'est une centrifugeuse; je vis dans le livre, je respire dans le livre, je m'endors avec le livre, je me réveille avec le livre, je me brosse les dents avec le livre, je galope derrière mes personnages, j'enfourche leurs émotions, leurs dilemmes, leurs joies et leurs peines. Je ne suis plus moi, je n'existe plus, je ne me rappelle plus ni mon nom ni mon prénom, je suis "tous les autres" du livre, il ne m'arrive plus rien, passez votre chemin.
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Les cosmonautes du Progrès...

Les techniciens annoncés par France Télécom sont enfin venus. Ou plutôt
ils ont aluni dans mon jardin.

Deux cosmonautes habillés en jaune fluo et gros pantalons avec des poches partout.
Jeunes, décidés, ronds joufflus dans leurs blousons d'hommes lunaires avec des grosses chaussures pour escalader les poteaux électriques, un gros compteur à la main qui fait téléphone, calepin, agenda et plein d'autres choses incompréhensibles.
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Seule sur mon rocher...

Telle que vous ne me voyez pas en ce moment, je bouillonne, je trépigne, j'éructe, j'ai des lames de couteau dans la bouche et de la fumée dans les oreilles. Si, si. Et pourquoi cette crépitante fureur ?

FRANCE TELECOM.

Mon Internet (Livebox de chez Orange) n'arrête pas de me contrarier. Tombe en panne tout le temps. Refuse de faire partir mes messages. Coupe ma ligne de téléphone. Grésille quand elle daigne marcher. Hoquette. M'impose une seconde de silence entre deux mots (idéal pour échanger des numéros de téléphone !). Me joue un suspense qui me rend haletante et furibonde.
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Le bonheur...

Ça y est : je sais ce qu'est le bonheur !
Je le touche du doigt à l'instant où je vous parle.

Je suis assise dans mon fauteuil, devant ma table, ma longue table de travail, mes livres, mon ordinateur, mes précis de grammaire, et je le contemple. Droit dans les yeux.
Le bonheur.
Je le tiens par la barbichette et ne le lâche pas. Je me dis dans ma tête : Katherine, c'est ça, le bonheur. Détaille-le. Fixe le sur tes rétines. Goûte-le. Respire-le. Prends ton temps, ouvre les bras, ouvre ta tête, remplis-la de ce bonheur-là. Encore et encore. Il y a toujours de la place pour du bonheur supplémentaire.
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