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Blog de Katherine Pancol

Résolution 2018

Et si on changeait un truc dans sa tête ?

Le vent s'est levé sur Palerme

Le vent s’est levé sur Palerme et fait voler les ordures. Les sacs plastiques planent, menaçants. Les palmiers ploient, les mobylettes slaloment, les piétons lèvent le bras. Ce n’est pas pour appeler un taxi mais pour éviter de se faire écraser.

On file à Cefalù, sorte de Saint Tropez ramassé au pied d’un éperon rocheux. Une longue plage de sable blanc, des vagues claires, des ruelles qui courent vers la mer, des remparts, un palais normand bâti sous le règne de Roger II. En hiver, c’est magique, sauvage, en été ce doit être un grand embouteillage !

Plus au sud, à Segeste, recueillement devant un temple grec et un amphithéâtre de deux mille places du quatrième siècle avant JC, perchés dans les montagnes. Prévoir de grimper dur et d’arrêter la cigarette longtemps avant. Ça vaut le coup !

Plus loin : Erice, un petit village à 800 mètres au dessus de Trapani. (On y accède par téléférique). Rien n’a changé depuis le Moyen Âge. Des vieilles façades, un lavoir, une tour prends-garde, des rues pavées à dessin géométrique, des églises et des églises. Là aussi, en été, ce doit être tricoté serré de touristes !

À Trapani, la vieille ville s’est posée sur une lagune étroite dans la mer. Comme à Cefalù on pousse la porte d’un rempart et on tombe dans l’eau. C’est Palerme en version propre. La tête se dévisse pour ne rien manquer et la bouche bée devant tant de beauté. À signaler : un B&B dans un très beau palais en pleine vieille ville au 73 corso Vittorio Emanuele.

En Sicile, le péage sur autoroute ne coûte rien. L’heure de parking non plus. Prévoir juste qu’un "gardien" vous taxe de deux ou trois euros pour "surveiller" votre véhicule.
Les villes dorment jusqu’à 17 heures puis s’ébrouent. Les habitants déambulent, bras dessous, bras dessus et on se sent soudain sicilien et heureux de flâner.

Retour à Palerme. Les sacs poubelles volent toujours. On courbe la tête et on va dîner via Venezia au Ferro di Cavalier, le meilleur restaurant du mooonde où le plat (abondant et succulent) est à 5 euros. Attention ! Attente à prévoir. Le patron compatissant raccourcit le temps en offrant des bouteilles de vin blanc, des fritures, des beignets aux clients agglutinés sur la terrasse.
C’est vite devenu notre cantine.

Ainsi passe la vie en Sicile en hiver quand on sillonne, curieux et gourmands. La dolce vita.
Bien sûr les portraits des juges Falcone et Borsellino, assassinés en 1992 par la Mafia, sont affichés en frise géante dans la ville pour rappeler une autre histoire plus terrible.
Bien sûr on frissonne...
Quand on en parle avec les Palermitains, ils disent que depuis ces deux assassinats l’influence de la Mafia a beaucoup diminué.
On a tellement envie de les croire...

  

   

 

 

À bientôt Palermo !

J’en ai pas fini avec la Sicile, cette île en équilibre entre le sublime et le chaos, le trop plein et le repos.

Sa beauté pas fardée, son délabrement hautain, sa paresse bon marché, étalée au soleil. Et les Vitelloni qui traînent leur ennui. Les boites à lettres qui explosent, les bateaux rouillés qui, dans la baie, reposent. Je reviendrai, je reviendrai…

Dolce vita façon décadence programmée !

Palermo. Sicilia. C'est un dédale. Une énigme. C'est comme marcher dans un musée rempli de poubelles qui débordent. Ou dans des églises qui s'empilent et racontent la ville, les invasions grecques, romaines, arabes, normandes, espagnoles, anglaises. Tout se mélange, se fond, se défie. Rien n'est rangé. Il y flotte un charme étrange qui monte des ordures renversées, des icônes de la Vierge encastrées dans des murs lézardés et des vieux palais chevrotants sous les échafaudages rouillés, désertés depuis longtemps par des ouvriers nonchalants.
C'est sale, envoûtant, on n'y comprend rien et pourtant on reste le nez collé sur le moindre bout de ruines ou de mosaïque. Très peu de touristes (ouf !), une douce tiédeur, la mer qui mordille la ville et des habitants sur le pas des portes qui vous invitent à déguster des arancini (délicieux beignets de riz). On se fait des amis, on boit du bon vin sicilien et on se laisse bercer par les palmes des palmiers qui balancent mollement.

Dolce vita façon décadence programmée !