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Blog de Katherine Pancol

Je gère la fougère...

 
D'abord ce mail, reçu ce matin, qui m'a enchantée, emportée, donné envie de piquer du talon et d'entamer une mazurka endiablée.
Il provient d'un couple de lecteurs baroudeurs qui s'est offert un tour du monde, une pause de neuf mois dans leur vie d'humains pressés pour découvrir lacs, montagnes, plaines et forêts, pastèques et rizières, pirogues et poissons chat. Ils arpentent, ils sillonnent, ils m'envoient des mots et des photos...
Ils s'appellent Alfred et Catherine.
Et je me régale.
 
Lisez plutôt :
"Le ferry s’appelle Evangelistas, probablement pour porter la bonne parole jusqu’au bout du monde. Il relie en quatre jours Puerto Monte à Puerto Natales, près du détroit de Magellan.
Il croise dans les eaux noires des fjords patagons, fait halte à Puerto Eden et passe saluer Pio XI, le plus grand glacier du monde « habité ».
C’est au détour d’un couloir, entre deux cabines, que nous avons revu Les yeux jaunes des crocodiles…
Un jeune voyageur français, les yeux brillants, proposait presque religieusement un exemplaire quasi neuf de votre livre à une jeune fille fort intéressée. Il l’avait trouvé par hasard, disait-il, dans une vague auberge de jeunesse chilienne et, comme tant d’autres avant lui, l’avait dévoré. Il ne voulait rien en échange, hormis partager son plaisir. Le livre a changé de mains sous nos yeux pour continuer son chemin.
Il ne vous connaissait pas avant ce voyage. Il ressemble à un khâgneux, un bon intello… et maintenant, vous comptez pour lui. Comme nous, il dévorera la suite à son retour car nous  lui avons annoncé la bonne nouvelle : il y a une suite."
 
Quelle belle scène ! Un jeune homme offre un livre, mon livre, à une jeune fille en croisant au large du détroit de Magellan.
On peut démarrer (ou finir) un film avec une scène comme celle-ci...
Si vous voulez en savoir plus sur Alfred et Catherine et leur périple, allez voir leur blog : http://9moisoff.blogspot.com/
 
Sinon, sinon...
J'ai une nouvelle expression que m'a offerte un garçon de 12 ans, l'autre jour à Fécamp. Il s'appelle Augustin et il m'a répondu fièrement : "je gère la fougère" alors que je lui demandais si tout allait bien.
Et depuis, "je gère la fougère"...
 
Lundi, je pars pour l'Espagne.
Gérer la fougère et... fêter la sortie de "La valse lente des tortues".
Olé y castagnettas !
J'aime beaucoup mes éditeurs espagnols. Ils débordent d'enthousiasme et d'énergie. Ils sont jeunes, ils éclatent de rire pour un "si" ou un "no", ont vingt mille idées à la seconde et les réalisent aussitôt.
Je vais y rester une semaine. Barcelone d'abord, Madrid ensuite...
Comment  dit-on "je gère la fougère en espagnol" ?
Va falloir que je demande à Mercedes ou à Guillermo !
 
Cette année, je fais partie d'un prix littéraire. Le prix Lilas/ La closerie des lilas. Un jury cent pour cent féminin couronnant un livre écrit par une auteur-e, présidé par deux femmes désireuses de secouer le joug des hommes sur la vie des lettres, Emmanuelle de Boysson et Jessica Nelson. Les réunions ont lieu à la Closerie des Lilas.
Et nous devions avoir englouti  une cinquantaine d'ouvrages, pour la première rencontre  !
Première réunion du jury, première sélection. Il y avait là : Françoise Héritier, Caroline Fourrest, Sylvie Testud, Marie Drucker, Adelaïde de Clermont-Tonnerre, Isabelle Alonso, Marie-Christine Imbault. Étaient absentes mais excusées  : Dominique Bona, Rama Yade et la chanteuse Camille.
Ambiance studieuse et respectueuse.
Chacune a pris le temps de dire ce qu'elle avait lu et aimé, ce qu'elle avait lu et pas trop aimé... Quand l'une parlait, les autres écoutaient, c'était très agréable et...surprenant.
J'avais sélectionné le Véronique Olmi, "Cet été-là" et "La nonne et le brigand" de Frédérique Deguelt. j'ai aimé ces deux livres. Beaucoup. Mais je n'ai pas eu le temps de tout lire, donc je me réserve encore.
Le jury change chaque année. Personne n'a le temps de pantoufler ni de pistonner ses petits protégés ni de s'enfler d'importance.
Nouvelle réunion en mars et prix Lilas remis le 6 avril.
Je vous tiendrai au courant.
En attendant, je gère la gougère !