Language choice

Blog de Katherine Pancol

Et ça ne se calme pas !

Je cours après le temps…
Je cours après les trains et les avions…
Je cours après ma brosse à dents que j'ai oubliée à Paris…

Les papiers à remplir pour les enfants (fin de l'année scolaire, formalités administratives, appartements à trouver…Maman ci, maman ça…)
L'été à organiser pour chacun…
La maison qui continue à tourner… (on mange quoi, ce soir ? T'as pas vu ma chemise blanche, j'en ai besoin tout de suite !)
Les demandes d'interviews des journalistes français, les demandes d'interviews des journalistes étrangers…
(20 pays ont acheté les droits des crocodiles, des tortues et des écureuils et partout, Joséphine Cortès et sa tribu sont adoptés)
Je cours, je cours…
 
Et je rêve au moment où tout va s'arrêter, où je vais retrouver le silence, le calme, la tranquillité…
Ne rien faire, ne rien faire.
 
 
Quand j'ai une heure ou deux de répit, ça fait comme un trou blanc dans mon emploi du temps et je le caresse des yeux, je me régale d'avance…
J'imagine tout ce que je vais faire pendant ce trou blanc…
Ou plutôt tout ce que je ne vais PAS faire !
Et l'heure passe sans que je n'ai rien fait d'autre que de goûter cet espace en me disant "je ne fais rien, je ne fais rien…"
 
J'ouvre vos messages (une centaine chaque jour !), je les lis et je n'ai pas le temps de vous répondre. Ou alors je réponds à un ou deux au hasard… Et je réponds vraiment. Car c'est moi qui vous écris. Pas une assistante ni une secrétaire…
 
Pas le temps, pas le temps. Ce sont les seuls mots qui rôdent dans ma tête en ce moment…
 
Si…
J'ai le temps quand je vous rencontre lors des fêtes du livre ou des signatures en librairie… Alors là, je prends le temps car ces moments-là sont des moments de grâce où je lis tant de choses dans vos yeux, vos sourires, votre manière de vous tenir droit ou pas devant moi…
J'aime ces moments qui arrêtent le temps…
 
Et je me demande comment font les chanteurs ou les acteurs qui partent en tournée sur les routes, qui changent de ville chaque soir…
 
La promotion d'un livre est un autre métier. Un métier à plein temps.
Je n'ai plus le temps de lire un journal. Je vole à la radio des bribes d'informations.
 
Ah si ! J'ai ouvert un autre livre merveilleux. Un roman de Vita Sackville-West paru au Livre de Poche : "Haute société".
Un régal…
Un livre qui rappelle les romans d'Edith Wharton ou de Jane Austen. Un monde cruel et raffiné où les sentiments se heurtent aux bonnes manières et au qu'en dira-t-on…
Un roman si anglais qu'on a l'impression de déguster des scones et de prendre le thé avec les protagonistes.
 
L'histoire ? 
Evelyn Jarrold est une femme délicate, exquise, oisive, sophistiquée qui tombe amoureuse de Miles Vane-Merrick, un député réformiste de quinze ans son cadet. Deux milieux qui s'affrontent, deux manières de vivre, d'aimer, deux ambitions…
Ce pourrait être un roman sentimental à l'eau de rose si on le lisait vite avec un oeil qui ricane… mais c'est un chef d'œuvre d'observation où chaque émotion, chaque sentiment vibre et résonne…
 
Je ne peux pas vous en dire plus pour le moment… J'avance délicatement en savourant chaque page… quand j'ai le temps !
 
Un jour viendra où j'irai dans ma campagne me poser avec mes livres au milieu du jardin et où je me réconcilierai avec le temps…
Où je répondrai à chaque mail en ouvrant la tête et le cœur sans me soucier du temps qui file, file, file…