Changement d'histoire. Changement de moteur. Changement de vitesse. Petite vitesse de barque qui dérive sur le fleuve en cherchant un courant.
J'ai laissé Hortense et Gary à New York, ouvert des pistes et des portes, me suis bien régalée avec eux. Qu'est ce que je les aime, ces deux-là !
Changement de décor, changement de personnages, changement d'histoire, changement de tout. Le temps de prendre mes marques, de me sentir à l'aise dans mes nouveaux habits, avec mes nouveaux amis. Le temps aussi que les "nouveaux" m'accueillent, qu'ils me fassent de la place et un clin d'œil.
Le clin d'œil, c'est ce moment exquis, exaltant, roudoudouesque où les "nouveaux" m'ouvrent grand leur porte.
Welcome et bienvenue !
C'est arrivé hier soir.
Je gisais, inerte, sur mon lit. Je ruminais. Relisais mes pages déjà écrites, corrigeais un détail, barrais un mot, en ajoutais un autre. Mais il y avait une résistance... Je le sentais bien et je n'y pouvais rien.
Alors, je musardais en écoutant "Les Noces de Figaro". J'attendais qu'un événement se produise. Je sentais bien qu'il y avait un messager à l'horizon, mais il était encore trop loin.
Je humais, je salivais, je tâtais les cailloux dans ma poche, j'espionnais les "nouveaux", je les écoutais parler derrière la porte. Un peu traqueuse, un peu inquiète. Et s'ils ne m'accueillaient pas à bras ouverts ?
Et hier, ils m'ont livré leur secret.
Comme ça. En un clin d'œil.
Je ne peux pas vous expliquer comment ça arrive.
C'est magique. Vous êtes tranquillement allongée sur votre lit ou tranquillement en train de vous promener dans les bois et bing ! Le cadeau vous frappe à la tête comme un boomerang et vous avez intérêt à le saisir. À ne pas le laisser repartir.
Vous vous en emparez, vous sautez de joie. Vous faites des bonds de Marsupilami. Vous n'êtes plus tout à fait humaine. Vous hululez d'allégresse.
Hier soir, ma nouvelle héroïne m'a confié son secret dans le creux de l'oreille. Et d'un seul coup, une nouvelle atmosphère s'est installée. Une douceur, une tendresse, des gestes d'amour retombant comme une pluie d'étoiles sur mes nouveaux personnages, sur mon nouveau décor et c'était bon et je me pourléchais les lèvres tellement c'était bon.
Et j'allais répétant "mais c'est bien sûr ! c'est bien sûr !", me frappant le front, m'ahurissant, me prenant à parti.
Sinon ?
Sinon, rien. L'autre vie, la "pour de vrai" ne m'intéresse pas. Elle sonne faux. J'ai l'impression qu'elle est en carton pâte. Truquée. J'ai l'impression d'entendre toujours les mêmes chansons. Ils n'en ont pas marre de toujours répéter les mêmes choses ?
Moi, je deviendrais zinzin à force de tourner en rond.

