J'ai fini "Le pouvoir du chien" de Thomas Savage et je suis triste. Pourtant je l'ai lu à petit pas, en savourant chaque page, en revenant en arrière, en mettant en bouche une phrase, puis une autre…
J'ai respiré la poussière du ranch, humé l'odeur des gants de cow-boy, vu les troupeaux se déplacer, la poussière s'élever, les lampes à pétrole brûler, entendu ricaner Phil quand Rose se met au piano, senti la gorge de George se serrer, la migraine étreindre les tempes de Rose et j'ai vu, de mes yeux vu, Peter entrer en scène. Peter et sa dégaine d'adolescent fluet qui va renverser l'intrigue comme on renverse une table de saloon quand la bagarre fait rage…
Je suis toujours triste quand je finis un livre où je me suis jetée, la tête la première, et qui m'a enchantée.
Je l'ai posé sur la table et je le relirai bientôt.
Pour le goûter à nouveau.
Pour découvrir d'autres pépites qui m'éblouiront.
Sinon…
Je cours les routes.
Je vous rencontre.
Et ça, c'est merveilleux !
Ça me redonne des couleurs, des forces, de l'appétit.
Le miracle des rencontres…
J'ai envie d'aller prendre un café avec chacun d'entre vous, de bavarder, d'échanger des idées, des titres de livres, des sourires, des bêtises.
Vous me faites des cadeaux, on se prend en photo, on parle d'un pique-nique au mois de septembre quand j'aurai tout mon temps…
Tout mon temps…
Demain et dimanche, je serai à Montpellier, mardi et mercredi à Barcelone, vendredi à Tours et samedi après-midi 5 juin au Bon Marché à Paris…
Le 8 juin, au Havre, dans cette librairie si belle qui s'appelle La Galerne, où je passe de nombreuses journées à musarder l'été…
J'aurai, avant de partir sur les routes, glissé un autre livre dans ma poche et je l'ouvrirai, le cœur battant, en espérant retrouver le même plaisir, le même toc-toc du cœur qui bat et du livre qui s'offre…
Je croise les doigts !

