Et que fait George Bush, en ce moment ?
Lui qui fut l'homme le plus puissant du monde…
Ça fait quoi de se réveiller chaque matin sans rien sur son agenda ?
Le journal Newsweek a mené l'enquête…
Et…
George W Bush téléphone.
Il essaie de se faire de nouveaux copains. Jeunes, de préférence, et qui ne vont pas lui poser des questions embarrassantes.
Patrick Bibb, un étudiant de 19 ans, qui vit à Dallas, Texas, a reçu en plein cours d'économie un appel sur son portable. Le cours terminé, il écoute ses messages et découvre que George W Bush a essayé de le joindre plusieurs fois : il veut le remercier d'avoir vendu des pancartes "Bienvenue chez nous, George et Laura" (20 dollars, la pancarte !) dans la banlieue nord de Dallas où les Bush se sont installés. Une banlieue très chic où la plus petite maison coûte 5 millions de dollars…
Sur le répondeur, George Bush paraît ému, bouleversé. Il se confond en remerciements.
Patrick Bibb, étonné, écoute le message de l'ex-président, puis il raccroche.
S'il a eu l'idée de vendre ces affiches, ce n'est pas par zèle militant, mais parce qu'il a besoin d'argent pour financer ses études. Ses pancartes se vendent comme des petits pains et il se frotte les mains.
Un peu plus tard, Patrick Bibb est toujours en cours quand son téléphone sonne à nouveau. Bingo ! C'est l'ex-président. Il se lève, explique au prof qu'il doit sortir de la classe pour répondre à George W Bush.
George Bush réitère ses remerciements de vive voix, lui dit combien il est ému, dit encore et encore merci, vraiment cela me touche énormément etc, etc… Patrick Bibb ne sait plus comment terminer la conversation. Il finit par dire qu'il est désolé, qu'il est en plein cours, qu'il va devoir raccrocher !
- Ok, je comprends, les cours, c'est important, dit George Bush comme s'il revenait à la réalité.
Il s'ennuie, George Bush. Il s'ennuie ferme.
Quand il était Président, il avait plein de choses à faire chaque jour…
Aujourd'hui, il est désoeuvré.
On ne le voit nulle part, il s'enferme dans son bureau (il a loué un espace dans une grande tour de Dallas) et attend que le temps passe.
Il sait qu'il n'a pas laissé un bon souvenir à ses administrés. Il est parti sur des sondages particulièrement bas (73% d'insatisfaits !) et il est un peu honteux. Il aimerait tellement qu'on l'aime comme Obama.
Obama, Obama, Obama…
Il n'y en a que pour Obama.
Fini le temps de sa splendeur où l'on chantait ses louanges, où les sondages le portaient au ciel. "Aujourd'hui, on n'ose plus guère prononcer son nom parce que les réactions sont presque toujours négatives", reconnaît un de ses conseillers politiques qui a choisi de courber la nuque et de laisser passer l'orage.
C'est que, même au Texas, les choses ont changé. De nouveaux mots sont apparus dans le vocabulaire de tous les jours : chômage, récession, crédits impayés, dettes, maisons en vente, et, aux dernières élections, dans cet état ultra républicain, Obama a remporté 44% des suffrages !
Alors, seul dans son bureau vitré, George ne reconnaît plus son monde…
Il est parti huit ans à Washington et, pendant qu'il était absent, on a changé les meubles de place et toutes les règles du jeu.
Ou plutôt le monde a changé à son insu.
Il est tout désorienté. Il se tait.
Il n'a pas donné une interview depuis qu'il a quitté la Maison-Blanche.
N'a pas fait une seule apparition publique.
Il dit qu'il va écrire un livre. Ses Mémoires. Comment à 40 ans, il a arrêté de boire…
Mais pour le moment, il lèche ses plaies, réfugié dans son riche lotissement parmi ses riches amis qui l'aiment et lui sont reconnaissants d'avoir défendu leurs intérêts jusqu'au bout. Eux lui sont restés fidèles…
Mais les autres ? Ceux qui, il n'y a pas si longtemps, se battaient pour être sur la photo avec lui ?
Ils ne sont plus là.
Plus de journalistes qui le suivent, plus d'hélicoptère qui se pose sur la pelouse de la Maison-Blanche, plus de ouikend à Camp David, plus de bureau ovale, plus rien.
Il a disparu de la circulation.
On pourrait presque lancer un avis de recherche.
On parle plus de Clinton que de Bush…
Clinton fait la Une du New York Times, cette semaine. Clinton donne des conférences où tout le monde se presse, Clinton par ci, Obama par là, et moi ? et moi ? et moi ? gémit Georgie qui se rabat donc sur des camarades jeunes et anonymes qui, eux au moins, ne lui mettront pas son bilan sous le nez ni ne lui poseront des questions délicates.
Patrick Bibb n'est pas le seul à recevoir des appels de George Bush.
George drague les écoliers, les étudiants, les gamins sur les aires de base-ball. Parfois, il leur demande s'ils savent qui il est…
- George Washington ! répond un étudiant.
Et Bush d'ajouter très vite : Bush !
Un adolescent de 14 qui avait donné un dollar pour sa campagne en 2000 a reçu, lui aussi, un appel de George Bush en personne. Bush l'a invité chez lui. Ils se sont installés dans le jardin et Bush a dit au garçon, "vas-y, fiston, pose-moi toutes les questions que tu veux…"
Ils ont passé une heure et demie à discuter. Et sont devenus copains. Maintenant quand le garçon a un trou dans son emploi du temps, il passe voir Laura et George, ses nouveaux amis…
Bientôt George Bush regardera les Simpson avec son nouveau pote en buvant de l'orangeade et en se demandant comment il a bien pu diriger le monde pendant huit ans…
Et nous aussi, d'ailleurs !
Trois petites notes de musique...
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