Une semaine que je suis à New York…
Et je marche toujours autant !
Je vais dans toutes les galeries, tous les musées sans savoir vraiment pourquoi…
Il y a des séjours où j'essaie toutes les glaces, tous les cookies, tous les jus de carotte et de strawberry, d'autres où je vais voir toutes les pièces de théâtre, tous les films…Hé bien, cette fois-ci, je suis irrésistiblement attirée par les galeries et les musées ! Don't ask me why… c'est comme ça ! Je fais des sauts de puce de Chelsea à Soho, de Uptown à Downtown, vois du vieux, du nouveau, des dessins, des sculptures, me remplis de tout, tout, tout et vais finir toute déglinguée comme un vieux Picasso.
Hier, par exemple, j'ai vu une exposition magnifique au Metropolitan Museum (juste dîtes, "Met"…) sur la Muse et le Créateur. Sont exposés : des photos de mode en noir et blanc de grands maîtres (Avedon…), des mannequins renversants de beauté (Suzy Parker, Jean Shrimpton, Verushka, Twiggy, Kate Moss…), des robes de Dior, Courrèges, Balenciaga, Saint Laurent, etc… Bref, un renversement de beauté, un éblouissement du cerveau ! Le seul truc, c'est qu'en face de tant de beauté, on se trouve naine et mochedingo. On se hausse sur la pointe des pieds, on prend un air de flamenco, on étend gracieusement le bras, on hisse le cou tel un flamant rose, mais on ressemble toujours à une pintade à terre…
Pas grave ! 99,999 % des femmes sont de jolies pintades à terre…
L'autre soir, à la télé, il y avait deux ex-Sublimes qui parlaient, d'un air dégoûté, du fait atroce de vieillir : Cindy Crawford et Mariel Hemingway. Toutes les deux gracieusement posées sur un canapé se laissaient interviewer par une journaliste qui étirait le cou pour être à leur hauteur… Et qu'est ce qu'elles disaient, les Deux Toujours Magnifiques ? Que c'était dur, dur de vieillir (elles ont respectivement 41 ans et 45 ans, et l'avouaient en rougissant comme si elles avouaient un horrible bouton de fièvre sur le coccyx !) mais que grâce à un régime strict, à deux heures de gym par jour – au moins…- et aux produits de beauté du docteur Truc Muche, elles avaient repoussé les outrages de l'âge !
Je ricanais, tassée sur mon canapé en train de manger des cookies à deux mille calories la bouchée ! Outrages de l'âge ! Fallait les voir : sveltes, longues, épilées, musclées, peau veloutée, dents aveuglantes de blanc, pas un poil disgracieux ni un pore dilaté, cheveux en cascade norvégienne… Deux publicités. D'ailleurs, comme l'a fait gentiment remarquer la journaliste qui ramait pour rester à hauteur, il n'y avait pratiquement aucune différence entre leurs photos de jeunes à 20 ans et leurs photos de vieilles actuelles. Et de produire des clichés où, en effet, on ne remarquait pas le moindre tassement ni frippouille, ni ride ni rien du tout…
- Eh oui ! a dit Cindy en secouant ses longs cheveux Loréal, juste faites comme nous, les filles…
Et elle a gloussé avec un air de dire "vous pouvez toujours essayer !".
Yes, j'ai dit sur mon canapé en avalant mon troisième cookie à deux mille calories la bouchée, c'est cela… deux heures de gym par jour, un pamplemousse le matin, un radis à midi, une figue le soir pour mon transit et je ferai un flacon de shampoing parfait !
Sauf que… Le cassoulet, la baguette qui trempe dans la sauce, le Bordeaux à robe de velours, les moules à la crème qui dégouline, le bon beurre salé, les tartes normandes, je les case où dans votre emploi du temps ?
J'ai fait une flexion du pouce (-2 calories) et j'ai changé de chaîne.
Suis tombée sur une émission politique.
Un monsieur très sérieux (plein d'années, de boutons et de rides !) disait en gros que l'Europe se sortait mieux de la crise que les Etats-Unis… Il comparait même les deux continents au lièvre et à la tortue ! En gros, je vous traduis la pensée du monsieur : depuis 1992, les Etats-Unis ont connu une croissance deux fois plus grande que l'Allemagne et la France, mais dans la récession que nous traversons les deux tortues (l'Allemagne et la France, vous suivez ?) risquent de mieux s'en sortir que le lièvre USA… Grâce à quoi ? À une politique sociale coûteuse (sécurité sociale, aide aux chômeurs) qui permet aux Français et aux Allemands de conserver leur pouvoir d'achat et de ralentir les effets de la crise, alors que le pouvoir d'achat des Américains s'écroule, entraînant des pans entiers de l'économie nationale. Et il s'est mis alors à parler de la France… et à chanter les louanges de Nicolas Sarkozy ! Ce qui ici, aux Etats-Unis, est surprenant parce qu'on ne parle pratiquement jamais de la France ( sauf pour le vin, la mode, les parfums et le régime des Parisiennes Jolies) et que pas un américain moyen ne doit connaître le nom de notre Président.
"Quand les Américains considèrent les dépenses sociales comme superflues, voire nuisibles, les Français en font un levier économique pour atténuer la crise… et ça marche. Les Français sont bien plus protégés en ce moment que les Américains qui subissent la crise de plein fouet, sans bouclier protecteur. Le revenu d'un Français au chômage est bien plus élevé que le salaire de beaucoup de travailleurs dans le monde."
Alors pourquoi on râle si fort en France et pas ici ?
Mystère et boule de gomme.
Ici, c'est la crise, c'est sûr, mais on n'en entend pas parler. Ou si… mais ce n'est pas une rengaine. On parle de plein d'autres choses. Et la Une des journaux ne vous donne pas envie de sauter du 28 étage (la hauteur de mon balcon !)…
Sinon… Deuxième mort de la grippe A à New York…
Ne serait-il pas temps que je rentre ?
Trois petites notes de musique...
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