New York, New York, bis !

Troisième jour à New York…
Et ça passe déjà trop vite !

Hier, j'ai chaussé les bottes de Gary et arpenté la ville avec ses yeux à lui. Je lui ai trouvé un itinéraire, un immeuble, un appartement, une école, un rendez-vous pour déjeuner, une vitrine où coller son nez et même un endroit pour rêver dans le Parc. Affalé dans l'herbe sous les chênes séculaires (ah ! ah ! ah ! le cliché ! chassez- moi ça, miss Pancol !), je l'ai vu…
J'ai failli aller m'asseoir à côté de lui.

Il fait beau, très chaud. 30°. Les gens se laissent tomber dans l'herbe du Parc en soupirant. On voit des jambes nues qui bronzent, des épaules de déménageurs qui perlent de sueur, des vieux qui s'éventent en se tenant les reins, des bébés écrasés comme des crêpes au fond de leur poussette qui dorment sur leur biberon et les canettes de bière roulent par terre. Trop chaud ! Trop chaud ! Plus bas dans la ville, on rissole. Dans le métro, sur Broadway, aux feux rouges, on grille sous la canicule.

Je sillonne, je sillonne…
Avec mon bic autour du cou, mon cahier noir fétiche et mon appareil photo qui clic et clic…

Un petit tour dans les musées, un petit tour dans les galeries, un petit tour par ici, un petit tour par là. Je suis allée oublier le bruit de la ville dans la petite chapelle toute blanche sur 54 street et Lexington. Une chapelle minuscule, dédiée à Saint Peter. Une chapelle en planches blanches, longues, immaculées, dessinée par Louise Nevelson, une grande "sculpteur". Elle se cache au pied des gratte-ciel. Toute petite, toute belle. C'est une œuvre d'art que le passant pressé néglige. On s'y faufile en hochant un bonjour à une dame forte qui vous hoche un sourire en retour. Une adresse d'initié, en quelque sorte. Mais quelle paix ! Quelle beauté ! À chaque passage à New York, je vais m'y asseoir et le calme tombe sur mes épaules. Le calme, la paix, la fraîcheur.

Suis allée manger les "meilleures cookies du monde" à la Levain Bakery. 74 street entre Columbia et Amsterdam. Une toute petite échoppe coincée entre deux buildings. Il faut le savoir. C'est comme la chapelle. Ça se mérite ! Me suis recueillie sur les bouchées qui croustillent, les pépites de chocolat noir qui fondent dans le papier et forment une pâte molle, gluante comme du caramel qui s'étire…

L'œil s'aiguise…

Et je vois des boutiques qui ferment et proclament sur leurs windows, "derniers jours, soldes retentissants", j'entre dans des magasins plutôt vides, hum, hum, ça sent la crise…Mais les gens ont toujours le jarret élastique et arpentent le bitume, résolus, énergiques.

À suivre donc, à suivre…