Demain, je pars pour un long voyage…
Pour les beaux yeux des Crocodiles…
Ils parlent toutes les langues, mes Crocodiles. Je leur caresse le museau en russe, en vietnamien, en coréen, en chinois etc…
Le livre est sorti en Italie et je vais aller y faire un tour de piste. Parler aux journalistes, griffonner des signatures, écouter, dialoguer, sourire, banqueter, dormir dans un hôtel avec room service, entendre parler avec des "i", des"o" et des "a"…
Grazie mile, prego, signore, signora, il conto, e pericoloso sporgersi.
Ensuite je vais à Vienne, toujours pour le livre…
Je changerai de musique, les Panini et les pasta disparaîtront… mais les hôtels auront toujours le même room service, la même réception, les mêmes ascenseurs, les longs couloirs, les cartes magiques pour entrer dans les chambres...
Puis je m'envole vers New York. Pour les Crocodiles, mais aussi pour le livre en train de s'écrire. Il y a un long passage qui se passe à New York. Je dois donc aller poser mes mirettes sur des endroits spéciaux…
Un arbre à Central Park, un feu rouge sur la Cinquième avenue, une bouche de métro, une salle de musique à la Julliard's school, un hamburger au Broome street bar, un délicieux cookie à la Levain Bakery sur l'Upper West side (je suis sympa, je vous donne l'adresse : 74th street entre Amsterdam et Colombus)…
Prendre des notes, respirer la chlorophylle ou le graillon pour que vous le renifliez aussi, regarder courir les joggers, les patineurs, les escargots dans le parc, entendre le bruit de la rue, le saxo de Central Park… Prendre des photos, écouter, filtrer, noter. Planter le décor dans lequel évolueront Gary, Hortense, Shirley, Oliver (tiens, un nouveau personnage ! Vous ne le connaissez pas… Il est craquant !) et d'autres encore.
Ensuite, ce sera Edimbourg…
Puis Londres…
Je m'éclipse pour un mois… et c'est comme si je montais dans une diligence ! J'ai l'impression de partir pour un long voyage plein de poussière et de cahots, de m'embarquer pour la Patagonie ou d'aller serrer la pince à un ours polaire. C'est dur (et légèrement effrayant) de s'arracher à sa routine, à ses horaires, à ses manies d'écrivain maniaque. J'ai du mal à laisser ma table de travail. Pour un peu, je l'emporterais avec moi dans mon périple.
Alors ne vous étonnez pas si je ne réponds pas tout de suite aux mails, si je n'écris pas très vite un texte de blablablog et si, quand je rentre, je suis un peu distraite et ensommeillée… Je vis très mal le "jet lag" !
Cette semaine, Joanna m'a envoyé une phrase qui m'a ravie :
"On s'étonne trop de ce qu'on voit rarement et pas assez de ce qu'on voit tous les jours", (Madame de Genlis).
Je suis allée fureter dans mes livres et mes encyclopédies pour lire la vie de Madame de Genlis et j'en ai appris de belles…
Quelle maîtresse femme ! Dans tous les sens du mot ! Elle eut une vie d'aventurière lettrée, jouait de la harpe à la perfection, écrivait des essais sur l'éducation des enfants et des romans à succès, collectionnait les amants, dont le duc de Chartres, futur Philippe Egalité, père de Louis-Philippe qu'elle éleva à la dure…
C'était une féministe avant l'heure… Une pétroleuse qui sauva sa tête en s'enfuyant en Angleterre pendant la révolution.
Une femme libérée et éclairée…
Mais comment vais-je vivre tout ce mois de voyages sans mes livres et mes encyclopédies ? Il me faudrait une caravane et huit chameaux pour tout charger sur leur dos…
Trois petites notes de musique...
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