Le premier mai à Londres !

Good morning ! Good morning !
I'm in swinging London !

Il fait un temps magnifique et j'use mes semelles à arpenter la ville.

Il fallait que je revienne : j'ai trois personnages dans mon livre qui vivent à Londres. Donc prendre des notes, des photos, des adresses. Prendre le métro, le bus, aller dans les pubs, parler aux gens, aux vendeuses dans les magasins, prendre le pouls de la ville.
Le jour, la nuit. Renifler, se remplir, stocker, laisser macérer les détails engrangés.

Je marche le nez en l'air, je me faufile partout, j'écoute, je regarde, je me remplis de mille détails qui vont ressurgir quand j'en aurai besoin. Je les range soigneusement dans ma mémoire et la boîte s'ouvrira d'elle-même quand il le faudra !

J'habite chez un ami qui est écrivain. Anglais. Exquis. Il ressemble à un personnage de Somerset Maugham. Il habite à Notting Hill dans un bel appartement tout blanc. Il boit du vin blanc, porte des chemises blanches, des pantalons beiges, des tennis blancs. Parle d'une voix douce, appartient à un club (ah ! les clubs anglais !) où se retrouvent les gens de cinéma, de théâtre et de livres.
On écrit chacun dans son coin, je sors explorer la ville et le soir, on va faire le tour des pubs, des restaurants, des clubs de jazz. Et on parle littérature !

Hier, je lui ai offert "Jules et Jim" d'Henri-Pierre Roché (en anglais). Avant-hier, "Chéri" de Colette (en anglais). Avant avant hier "Le démon" d'Herbert Selby et aujourd'hui, je vais lui acheter les nouvelles de Saki.
Un régal, les nouvelles de Saki. So british?

Il me fait lire des poèmes, des nouvelles, bref on échange des titres de livre comme des fous affamés. J'ai souvent remarqué ça, quand je parle livres avec des passionnés, on devient vite enfiévrés. On prend des notes, on court acheter le livre en question ou on le commande sur Internet. Il se déclenche une fringale irrépressible !

Et je continue à écrire. Ou plutôt, je me suis mise à tout relire et à couper. J'adore couper, tailler, resserrer. Il le faut bien sinon cela va être un livre haltère !

Londres est devenue une ville formidable. Autant je n'aimais pas avant, autant, maintenant, je me régale chaque fois que je viens. Elle me fait penser à New York au temps où j'y habitais : une énergie folle, toutes les nationalités, toutes les langues, des chantiers à tous les coins de rue, des pièces de théâtre, des concerts, des expos. Ça donne le tournis. La ville vit à mille à l'heure. Paris semble une belle endormie à côté !
Et puis les gens sont si gentils, ici. C'est incroyable. Ils prennent leur temps, répondent à mes questions, ne s'énervent jamais. Pourquoi est-on aussi désagréables, nous, les Français ? Je me pose cette question très souvent ici. La vie est-elle plus dure en France ? Est notre particularité nationale d'être plus rugueux ?

Seul hic : la vie est chère. Très très très chère ! La moindre salade dans un resto : 6 pounds soit 10 euros. Ça fait cher le plaisir de ruminer de l'herbe ! Un café : 5 euros !

Je vais rentrer mercredi pour voir les deux fauves s'affronter à la télévision. Quelle dramaturgie ! Mais je reviendrai très vite.
Ici Tony Blair vit ses derniers jours de pouvoir. Mon copain écrivain le déteste à cause de la guerre en Irak. Le Prince Harry va combattre en Irak et les jeunes filles du royaume sont en émoi. Les journaux aussi. Mon Prince Préféré (Charles of course !) doit être inquiet. Je vais aller prendre le thé avec lui pour le rassurer.