Presque ! Presque !

Pas encore baignée !
Trempée jusqu'à la taille, mais pas immergée !
Un jour, elle fait 10 °, le lendemain 9° et moi, je suis là, à tâter l'eau, à me tâter, à lambiner dans l'eau, à moitié glacée.
C'est pas humain ! Sauf qu'aujourd'hui, il y avait une dame qui y est allée. Droit devant. Sans hésiter. Elle est entrée dans l'eau (9° !) et elle s'est lancée ! Elle a nagé dix minutes. Je la regardais, je pensais bravo, bravo, alors j'ai levé mes deux bras pas glacés et j'ai applaudi. Elle n'a pas entendu, mais j'ai applaudi. Parce que je me suis dit que c'était un exploit et qu'un exploit méritait d'être souligné par deux bras tendus en l'air qui applaudissaient. Je suis très bonne pour applaudir. Pour encourager. Je trouve qu'aujourd'hui, on cache trop sa joie. On n'ose plus crier bravo aux gens qui font des choses extraordinaires.

Sinon, j'ai bouclé ma scène après dix jours de combat au mot à mot. C'est fou ce que c'est important UN mot dans une scène. Et j'avais trouvé une phrase géniale qui faisait tout basculer, d'un seul coup, et il fallait que j'articule avant et après LA phrase ! Et finalement, j'y suis arrivée.
J'étais si fière que je l'ai fait lire à mon fils (la scène) et il a lu attentivement et après il a dit : "Ouaou ! cette phrase-là ! elle est géniale, elle fait tout basculer, elle donne la chair de poule !"
Il avait repéré LA phrase sur dix feuillets ! Et j'ai dansé la bourrée de joie et je me suis applaudie !
J'étais heureuse, si heureuse !

Vous voyez comme elle devient passionnante, la vie, quand on trouve la pépite qui fait tout basculer ! Le détail qui pose la cerise sur le gâteau. L'écriture, c'est ça. C'est une phrase, un mot qui tout à coup installe l'ensemble, donne son harmonie à tout ce qui a été écrit et qui n'est là que pour mettre en valeur la phrase qui va monter le tout ! C'est comme les blancs en neige, la mayonnaise, l'allumette qu'on glisse sous le pétard, la clef de voûte de la cathédrale.

Alors d'accord, je ne me suis toujours pas baignée, mais j'ai bouclé ma scène !
Et puis, j'ai jusqu'au 23 avril pour faire tomber mon record de baignade dans la mer glacée
Donc j'ai encore le temps. Je peux gagner un ou deux degrés.
Mais maintenant, je ne serai plus seule dans l'eau glacée. Je penserai à celle qui s'est jetée dans l'eau sous mon nez et je me dirai "allez ! Courage !"
Enfin, je dis ça, bien au chaud, devant mon ordinateur, mais si, quand même, j'y penserai, j'y penserai !