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Blog de Katherine Pancol

Baisers soucrés !

Arrivée à Sucre (prononcer Soucré), la plus belle ville de Bolivie : une pièce montée, choux à la crème et Chantilly, délicatement posée à 2800 mètres d'altitude. Les maisons sont blanches. Les rues, droites, propres. Les arcades, les places et les églises, bien ordonnées. C'est beau comme des images. On tend le doigt pour manger un bout de porte ou de fenêtre. Et un morceau de toit au caramel.

Ce sont les riches propriétaires des mines d'étain et d'argent de Potosi qui, au XVIIIème siècle, construisirent la ville. Incommodés par les odeurs, la poussière, les morts et les éboulements survenus dans les mines, ils partirent plus loin fonder Sucre ou "la ville blanche", interdisant aux Indiens d'y pénétrer.

Aujourd'hui, Sucre est une ville de 300.000 habitants, coquette, indolente. Une ville faite pour se promener, se pavaner, dodeliner, s'exclamer, aller se régaler chez Papavero, un restaurant au 3ème étage de la calle Estudiantes et de la Plaza 25 de Mayo. Dormir à l'hostal de Su Merced, (46 euros la nuit, 82 euros pour la suite royale, vraiment royale). Ou poser son sac à la Senelita chez Coline et Arthur, deux jeunes Français muy sympaticos qui louent des bungalows (47 euros la nuit) avec vue plongeante sur la ville et terrasse en espaliers. Maravilloso.
Ils habitent Sucre depuis un an, en connaissent toutes les merveilles : le désert de sel, la vallée des dinosaures, les cascades, les cratères de lave séchée, les petites chapelles coloniales.

À Sucre, il y a même une réplique de la Tour Eiffel, dessinée par Eiffel lui-même.

Mais patatras ! Le temps a viré au gris, aux gouttelettes de pluie. Le blanc s'éteint, les palmiers grelottent et je garde les photos dans ma poche. Les gens sur le pas de leur porte se lamentent et crient à la dépression. Ils ne sont pas habitués à Sucre qu'on leur sucre le soleil !