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Blog de Katherine Pancol

Encore une aventure !

Cochabamba. À 2500 mètres d'altitude. Le centre de la Bolivie. La ville de l'éternel printemps, entourée de montagnes, plantée de palmiers, de bougainvilliers, de jacoranda. 23 à 25 degrés toute l'année.

Une ville coupée en deux. Au Nord, c'est la Suisse verte, riche, indolente. Belles demeures (dont le palais Antino), belles fleurs, grands parcs, larges avenues, bons restaurants, quelques gratte-ciel (hélas ! de plus en plus). Au Sud, c'est Bombay. Une houle colorée, des enfants dans les caniveaux, des femmes accroupies, un bébé au sein, des hommes qui mâchent la coca en remuant des avocats. C'est le terminal des bus et l'immense marché de la Concha. 5 kilomètres de long, des galeries étroites, des cantinières qui vendent soupes et brochettes, des échoppes, cavernes d'Ali Baba.

On y trouve tout : de longues tresses de cheveux noirs vendues par des femmes en quête d'argent, de faux billets, des voitures en pièces détachées, un ressort pour son Bic, des fruits, des légumes, de la viande, des vêtements, sans oublier dans le quartier des sorcières des fœtus de lamas séchés, censés apporter la prospérité. Ils pendent, recroquevillés, et se balancent, menaçants.

On peut interroger son avenir dans les cartes, les viscères ou des feuilles de coca.

La coca est partout. En vrac dans de grands sacs au marché. Dans les 4/4 rutilants au nord de la ville où les trafiquants s'affichent, lunettes noires, débardeurs sur torse bombé , tatoués jusqu'aux narines. Ils roulent des épaules, leurs femmes trottinent et on s'incline.

Elle en pense quoi, la petite vendeuse de coca appuyée sur son sac ? Elle rigole et soupire "s'il n'y avait que ça !" Elle préfère fleurir la statue du saint qui veille sur son allée. Sur lui elle peut compter.

Les campesinos aussi rigolent. Ils n'apprennent plus l'espagnol mais le chinois pour discuter avec leurs fournisseurs. Résultat : des allées saturées de jouets, de matériel électronique, de textiles, de plastiques.

Un dernier regard sur les pastèques et les mangues, les jus de fruits frais, les larges jupes qui ondulent, le chapeau qui crâne et les femmes qui dodelinent en regardant le temps passer. Les gens ne se rebellent pas à Cochabamba.
"Pour le moment", sourit la petite vendeuse de coca.